Figoblog Un blog sur Internet, la bibliothéconomie et la confiture de figues

livres

Relire Borges

En lisant cet article signé par un sénateur (vu chez S. Bailly ), je me suis dit qu'il était vraiment temps de relire Borges et sa Bibliothèque de Babel :

La bibliothèque imaginée par Borges est une métaphore de l’univers (...) « Et si la bibliothèque contenait tous les mondes » écrit Borges. 50 ans avant l’avènement du Web, Borges avait déjà inventé le concept d’hyperlien et d’hypertexte, et pressenti l’avènement des mondes virtuels ! (...) « La bibliothèque universelle, Borges l’a rêvée, Google l’a fait »

Cela me laisse sans voix. Il faut relire la nouvelle de Borges avant de parler du "rêve" de la bibliothèque universelle. Ce n'est pas un rêve, mais bien un cauchemar, dans lequel la bibliothèque devenue inutile par excès de perfection en vient à menacer l'humain.

Lisez donc plutôt cet autre article d'Alberto Manguel , l'auteur des excellents Une histoire de la lecture et Le livre d'images.

Avec ce projet, Google tend vers le cauchemar de Borges à propos de la bibliothèque de Babel: tout ce qui peut être dit ou écrit par la combinaison des lettres de l'alphabet y est. (...) En un sens, Internet est l'incarnation de ce labyrinthe-là.

Bon la conclusion est en fait la même : Internet (Google ?) est l'incarnation de cette bibliothèque de Babel. Rêve ou cauchemar, telle est la question .

Par Manue le 6 avril, 2005 - 21:38 dans

Salon du livre 2005

Image associée au billet

Aujourd'hui, je suis allée au salon du livre pour la journée professionnelle du lundi. Il n'y avait pas, comme l'année dernière , une foule de conférences qui m'intéressaient, aussi je me suis contentée de me ballader entre les stands et de m'imprégner.

L'autre jour, une amie me demandait ce qu'il y avait de si spécial au salon du livre, et je lui ai répondu que c'était comme une librairie, mais en géant. En fait, j'étais bien en-dessous de la réalité.

Le Salon du livre est en effet une grande librairie, mais une librairie où on peut avoir un vrai dialogue avec les éditeurs, par exemple dans le secteur jeunesse où ils vous font découvrir aussi bien les nouveautés que les incontournables, en fonction de ce qu'on cherche. Même si on cherche un truc saugrenu comme le Garçon des figues .

On y rencontre aussi des gens extraordinaires, comme Viviane Hamy qui n'est pas seulement l'éditeur de Fred Vargas, mais aussi une femme ébouriffante qui peut vous parler d'un de ses auteurs avec une flamme dans les yeux, et vous faire voyager de la maison de celui-ci dans le Sud de la France jusqu'au Paris du milieu du XXe siècle sans que vous y voyiez que du feu.

On y croise des gens connus, ou seulement des connaissances, et puis même des amis, rituel annuel, pour boire un café (ou plutôt une bière) assis par terre sur la moquette rouge et parlant de tout

Par Manue le 21 mars, 2005 - 21:34 dans

Joyeux anniversaire moi

Image associée au billet

Cette année, pour mon anniversaire (c'était lundi) j'ai été bien gâtée. Entre autres cadeaux tous au goût ou à la couleur de figue, j'ai eu ce magnifique bouquin, La magie de la figue dans la cuisine provençale de Gui Gedda.

C'est un hymne à la figue, la bourgeassotte, la figue noire de Solliès. On y trouve des recettes au nom enchanteur, au hasard : velouté de figues aux langoustines et rosé de Provence, terrine de canard aux figues et aux poivrons rouges, feuilles de figuier en surprise de poisson aux écailles de figues, gigotines de poulet farcies à la mousseline de figues, gâteau solliès-pontois à la confiture de figues, etc. Des recettes toutes en subtilité, en finesse, complexes et délicieuses.

En plus, pour mettre les bougies, Mimi m'a concocté le cake aux figues sèches, avec des pignons et du miel de tilleul, un régal.

Ce serait vraiment un injure à la beauté de ce livre et à l'ingéniosité de son auteur que de publier sauvagement ses recettes sur le Web, donc n'y comptez pas. Mais je lui adresse toute mon admiration gourmande et ma reconnaissance figuesque.

Pour ceux qui auraient oublié de me souhaiter mon anniversaire, c'est à dire tout le monde sauf les présents et Seb , il n'est pas trop tard, le reste de ma liste est !

Par Manue le 26 février, 2005 - 22:32 dans

Bibliografigue (sélective)

Image associée au billet

Eh oui, des livres sur les figues, rien que sur les figues, ça existe ! D'ailleurs c'est bientôt Noel, et pour sortir de l'embarras les gens qui cherchent ce qu'ils pourraient bien m'offrir, voici une petite sélection d'opuscules intéressants...

Dans le genre "la figue, sa vie, son oeuvre" ou tout savoir sur la figue, la culture du figuier, les façons de la cuisiner, son rôle dans notre histoire et dans l'art, etc :

  • Mémoires de la figue de Henri Joannet (Ed. Equinoxe)
  • La figue de François-Régis Gaudry, Dominique Auboire, Denise Solier-Gaudry (celui-là je l'ai déjà !!! il est très bien - c'est celui qui est sur la photo)

Dans le genre recettes de cuisine :

  • Magie de la figue dans la cuisine provençale de Gui Gedda, chez Edisud, celui-là il me plairait vraiment, en plus j'aime bien cette collection
  • La figue : 10 façons de la préparer de Lior Lev-Sercarz (Ed. Epure)

Dans le genre, rien à voir, ou plutôt poésie, nouvelles et autres contes érotiques :

  • Comment une figue de paroles et pourquoi de Francis Ponge, lequel avait semble-t-il un goût particulier pour la figue (Flammarion)
  • Opus Cul : dix petites pièces en forme de figue de Jeanne-Marie Sens, jeunes lecteurs s'abstenir

Par contre, dans le genre figues magiques et lectures jeunesse (j'aime aussi, je précise, et comme ça je pourrais faire partager ma passion à ma puce) :

  • Le
Par Manue le 4 décembre, 2004 - 16:52 dans

Figues antiques

Massilia, 49 av. J.C.

La ville, assiégée par les troupes de César, est au bord de la famine...

Il poussa un cri de joie et se précipita vers un guéridon dans le coin de la pièce.

- Des figues ! Un grand tas de figues ! Je n'ai pas pu trouver la moindre nourriture hier soir. Je n'ai guère pu fermer l'oeil tant j'avais faim. Mais regarde-les ! Elles sont splendides. D'une si belle couleur et bien dodues. Et l'odeur ! Tiens, prends-en une. Ensuite, nous sortirons.

Davus mordit à pleines dents dans une figue et rit de plaisir.

Jusqu'au moment où je me risquai à en croquer un petit morceau, je ne m'étais pas rendu compte comme j'avais faim. J'étais aux anges. Jamais je n'avais mangé une figue aussi délicieuse.

Steven Saylor, Le rocher du sacrifice. Paris : 10/18, 2000.

Chaudement recommandé aux amateurs de polars historiques, d'antiquité et de figues (mais c'est le dernier de la série, commencer de préférence par Du sang sur Rome !)

Par Manue le 9 octobre, 2004 - 21:12 dans

Aggrégateur de pages

Puisqu'on en est à parler de cette fichue île déserte, sur laquelle je viens de passer un week-end excellent, merci, j'observe que l'île déserte est un endroit où l'on emmène volontiers ce bouquin énorme et un peu rébarbatif, qu'on aurait toujours voulu lire sans en prendre le temps.

Par Manue le 27 juin, 2004 - 22:41 dans

Les livres s'exposent

Je ne suis pas sectaire, je ne m'intéresse pas qu'aux nouvelles technologies. J'aime aussi les vieux livres, et plus ils sont vieux, mieux c'est. C'est pourquoi je brûle de signaler quelques expositions à parcourir en ce moment ou bientôt, à Paris ou ailleurs.

Pour commencer dans l'ordre chronologique, il me faudra traverser la Manche. La British Library expose le livre imprimé le plus ancien connu, qui porte la date de 868 : le Diamond Sutra. Ceux qui (comme moi) n'ont pas les moyens de se payer l'Eurostar , peuvent avec de la patience et quelques téléchargements de plug-ins consulter l'ouvrage numérisé , grâce au fameux logiciel "tourne-page" converti pour l'occasion en "déroule-rouleau" (ça fait moins classe, je vous l'accorde).

Retour en France, c'est à Chantilly qu'on découvrira jusqu'au 2 août un des chefs d'oeuvre de l'enluminure, les Très riches heures du duc de Berry . Ceux qui n'aiment pas prendre le train seront ravis de garder le prix du voyage pour acheter plutôt le CD-rom pour la modique somme de 19,95 euros. CD-rom qui contient le manuscrit intégralement numérisé et aussi, paraît-il, une sorte de tourne-page (on doit dire tourne-feuillets pour un manuscrit ? bon, ok, j'arrête...)

En avançant dans le temps, on se contentera du métro mais il faudra tout de même attendre jusqu'au 18 mai pour aller à la

Par Manue le 11 mai, 2004 - 19:22 dans

Promenade urbaine

J'habite à Paris, et j'adore cette ville.

D'accord, je comprends qu'on puisse trouver qu'elle a des côtés pénibles, qu'on puisse en avoir marre, mais elle est fascinante. J'adore me promener pour la centième fois dans une rue et être encore surprise par un détail insolite ou juste parce que je lève les yeux.

Je ne suis pas la seule, si j'en crois ce magnifique photoblog dont l'auteur (espagnol !) mitraille Paris avec passion et humour.

J'adore me promener dans Paris au fil des pages d'un livre , et j'adore l'idée de trouver un livre au fil des rues de Paris.

Et même, j'aime bien l'idée de vider un grenier, pas de ses livres, mais de ses trucs de geek dans un délire bellevillien à la Pennac, en futuriste mais toujours décalé.

Merci à Javier , à lafeuille , et à Mediatic pour cette charmante promenade.

Par Manue le 29 avril, 2004 - 22:21 dans

La sagesse du bibliothécaire

Michel Melot est grand. Ca, on le savait déjà. Il nous le confirme avec ce petit opuscule délicieux, énorme et subtil à la fois, ouvrage qui se prétend de vulgarisation sur le métier de bibliothécaire et qui, en réalité, embrasse d'un regard plus qu'élevé l'horizon des bibliothèques.

La Sagesse du bibliothécaire, paru chez l'Oeil neuf le mois dernier, est un petit bijou de bibliothéconomie, écrit avec un lyrisme ébouriffant, mais pas dépourvu de références. Il va jusqu'au bout de ses métaphores, pousse ses raisonnements jusqu'au delà des limites, là où on peut tout dire et tout oser.

On y découvre, entre autres, que le métrage linéaire de la bibliothèque de Babel est de 6,9 x 10 puissance 1834097 années-lumières, que "le livre est né du pli (...) le pli opère ce prodige de transformer une forme simple en une forme complexe sans rien y ajouter", que "ce n'est pas un métier que d'être bibliothécaire (...) c'est plutôt un état, une complexion" et même que "la bibliothèque sans livres, on pourra l'appeler (...) médiathèque, cyber-café ou tout simplement peut-être un jour, l'Univers".

Comment citer ce livre sans le trahir, quand chacune de ses phrases est un nectar à faire pâlir même Nathanuel Bermoclo.

Lisez-le !

Par Manue le 25 avril, 2004 - 22:19 dans

Ressources pour les lecteurs, les chercheurs et les bloggeurs

Un peu en vrac, désolée...

Par Manue le 21 avril, 2004 - 19:47 dans
Design Figoblog 2008 - Image from http://www.europeana.eu - http://photo.rmn.fr : Codex Vindobonensis, series nova 2644: folio 4 verso