Je me fais ici l'écho d'un débat vite passé sur la liste biblio-pat (pour les bibliothécaires patrimoniaux, dont je considère que je fais partie même si mon patrimoine est souvent numérique...)
La BIUM présente ici une expérience de restauration numérique : il s'agit de numériser des ouvrages des documents particulièrement précieux, fragiles, endommagés ou difficiles à photographier. Confiés à un photographe, les clichés ont été largement retouchés, recollés, réassemblés et retravaillés pour obtenir des clichés plus vrais que nature, "en visant un retour vers l’apparence qu’il pouvait avoir quand le temps ne l’avait pas encore dégradé".
Réaction immédiate d'un collègue dont je ne citerai pas ici les nom et qualité, mais dont j'ai trouvé les arguments assez justes : il oppose le principe de la restauration, tel qu'on le conçoit aujourd'hui. Elle doit prendre en compte l'inscription du document dans le temps plutôt que chercher à la gommer, elle doit respecter l'historicité des objets. La reproduction se doit d'être fidèle à l'original tel qu'il est, et pas tel qu'il aurait dû ou pu être.
Pour ma part, j'observe simplement que les clichés mis en ligne par la BIUM sont magnifiques, et donc le travail du photographe concluant. A la limite, il faudrait pouvoir les comparer avec les prises de vue "brutes" de numérisation pour juger de l'ampleur des modifications.
En principe, je suis plutôt favorable à une numérisation respectant la réalité de l'original, et donc ses défauts, ses manques, bref son intégrité. Ca doit être mon côté chartiste. Toutefois ce n'est pas la première fois que je vois ou entends parler de ce type de restauration numérique. Combien de lecteurs se plaindront effectivement de cette distance entre l'original et la copie ? Bien peu, finalement, et en tout cas moins que de lecteurs qui se plaindront d'une numérisation tâchée, abimée et illisible.
Si vous avez un avis sur la question...

